Que sont-ils devenus?!…
Cette rubrique est consacrée aux anciens élèves stagiaires de l’Atelier, ils racontent leur expérience à l’Atelier, ce qu’ils font professionnellement après l’Atelier.
Robin RAFFALLI [ promotion 2007-2009 ]
Layoutman
Bonjour Robin, aujourd’hui, que fais-tu après ces deux années de formation à l’Atelier?
Bonjour, Et bien après l’Atelier, je suis resté un peu à Aniane, j’ai passé un test en Layout pour Normaal Animation et après un long mois d’attente pendant lequel j’ai travaillé sur divers projets j’ai été engagé ! Je suis donc Layoutman sur « Mandarine and cow » saison 2.
En quoi consiste ton poste? Et bien ça consiste à établir la structure définitive des plans et leur cohésion dans une même séquence, en placant, dans une scène informatique les personnages dans les décors correspondants. Je dois respecter les cadrages souhaités au story board et composer une images aussi fidèle que possible en prenant en compte les contraintes du logiciel. J’effectue les mouvements de caméra, les déplacements des personnages, des objets et des FX.
Pour toi as-tu bien été préparé au milieu professionnel? Y a-t-il des choses auxquelles tu ne t’attendaient pas? Oui, le fait d’avoir évolué à l’Atelier dans un environnements de professionnels m’as beaucoup aidé à savoir me comporter en équipe à travailler sur des projets communs. De plus les intervenants venaient ponctuellement amener autant d’expériences différentes que de studios ou de postes qu’ils occupaient ou avaient occupés. Donc oui nous étions bien préparés. Des choses auquelles je ne m’attendait pas… non pas vraiment, je dirais peut être comme Damien l’évoque plus bas à savoir pouvoir enfin reprofiter de mes week end.
Peux-tu nous rappeler quel âge tu as, et résumer ton cursus scolaire? J’ai 23 ans, et après un Bac général scientifique, j’ai fait une année de formation en infographie, puis j’ai rejoins Montpellier où j’ai suivi pendant deux année un cursus en images de synthèses 3D dans une école supérieure avant de rejoindre l’Atelier à Aniane.
Pourquoi avoir choisi l’Atelier ? qu’est ce que l’Atelier a pu t’apporter que tu n’aurais trouvé dans d’autres écoles? J’ai choisi l’Atelier parce qu’il proposait de vrais cours de dessin. Parce que c’est une école de passionés avec qui on peut vraiment partager des choses. Parce que j’étais aussi fatigué des études et que l’Atelier proposait une formation courte, dense et peu honéreuse par rapport à l’école dans laquelle je me trouvais.
Ton souvenir le plus marquant durant la formation à l’Atelier ? Je me souviens beaucoup des fous rires nerveux causés pas la fatigue, qui pour moi sont liés au bons moments (soirées entre étudiants) comme aux plus mauvais (corrections d’exercices houleuses).
L’Atelier t’a t-il conforté dans la vision que tu avais du monde de l’animation, ou l’a t-il changée? Avant d’intégrer l’Atelier je dois avouer je ne savais rien du tout du monde de l’animation, j’étais plus BD. Donc c’est là bas que j’ai tout découvert.
Un commentaire sur la localisation de l’Atelier à Aniane? L’isolement est-il nécessaire? Oui absolument. D’abord il n’y a rien à faire ; on est souvent amené à aller dessiner, à l’Atelier, ou dehors pour faire des croquis. Ensuite parce que c’est le Sud, et qu’il fait beau quasiment toute l’année. Puis le coût de la vie est moindre que dans les grandes villes comme Paris ou Montpellier, ce qui n’est pas négligable pour des étudiants.
A qui conseillerais-tu l’Atelier ? Aux personnes qui veulent faire du dessin leur métier. Aux gens qui voudraient peut être parfaire leur formation en animation aussi, l’Atelier propose vraiment une approche différente des autres écoles, on y aborde vraiment tous les aspect d’un dessin animé.
Quels conseils donnerais-tu aux futurs Ateliens? Accrochez-vous, vous avez choisi une voie difficile. Moi je conseillerais de garder une activité à côté, ça peut être de la photo, du sport ou autre, mais quelque chose qui permette de s’évader un peu.
Est-ce que tu as une idée pour la suite? Ou que fais-tu à coté? Pour la suite je pense continuer dans le Layout, peut être un layout papier cette fois. Sinon j’espère pouvoir faire un album de bande dessinée, car je pourrais vraiment raconter mes histoires, j’ai quelques projets qui gagnent en maturité de jours en jours. Pour l’instant je privilégie vraiment mon boulot. A coté justement j’en profite pour explorer mon dessin je dirais ; Quelles en sont les limites techniques? sur quel format je suis à l’aise? Avec quel outil ? etc.
Un grand merci à toi d’avoir trouvé le temps de répondre à nos questions. C’était avec plaisir.
Sophian CHOLET [ promotion 2007-2009 ]
Dessinateur, auteur de bande dessinée
Bonjour Sophian, aujourd’hui, que fais-tu après ces deux années de formation à l’Atelier Bonjour! Au cours de ma seconde année de formation, je suis allé présenter pour la première fois mon dossier de bande dessinée aux éditeurs à l’occasion du festival d’Angoulême 2009. J’y ai signé mon premier contrat d’édition pour le nouveau label Nomad du groupe Soleil. Je travaille donc depuis mars 2009 en tant que dessinateur sur mon album avec le scénariste Olivier Peru.
En quoi consiste ce travail journalièrement? Rattraper le retard de la veille! En fait, mon travail diffère chaque jour, selon l’étape de réalisation de la page : lecture du scénario, découpage, rough, crayonné, report et clean à la table lumineuse sur papier technique, encrage, scan, mise en place du texte et des onomatopées. Chaque page est élaborée en collaboration avec Olivier, on révise et valide ensemble les différentes étapes avant livraison de la page. Le découpage est particulièrement passionnant car c’est là que l’on met en place la mise en scène, que l’on détermine les cadrages, les compositions des cases et de la page et le rythme de la séquence, sans se soucier du dessin. L’encrage est à mon sens l’étape la plus difficile, car c’est un travail laborieux, qui demande beaucoup de concentration. Il ne s’agit pas simplement de « repasser », mais de sélectionner dans le crayonné, séduisant par son approximativité, le trait qui finalise une image… et dans la mesure du possible de conserver la spontanéité du dessin! C’est une étape décisive car elle détermine la qualité de ce que le lecteur aura entre les mains.
Est-ce le travail de tes rêves? Oui et non. Oui, parce que c’est le métier que je rêve d’exercer depuis mes premières lectures. Je me suis également intéressé aux métiers de l’animation, notamment au début de ma formation à L’Atelier, mais je me suis vite rendu compte qu’il m’était difficile de travailler en équipe, de voir circuler mon travail dans la chaîne de production et surtout de respecter des décisions et directives avec lesquelles je n’étais forcément pas en accord. En cela, la bande dessinée me permet de garder le contrôle et d’intervenir à chaque étape de réalisation de l’album. Mais j’ai aussi découvert les revers de ce travail : c’est un métier difficile car la réalisation d’un album est un travail de longue haleine, il faut être prêt à mener un projet pendant toute une année tout en répondant aux éventuelles commandes ponctuelles, en illustration notamment, qui permettent de compléter les revenus de l’auteur de bande dessinée. C’est aussi un métier très solitaire, même si l’on échange avec son scénariste et son éditeur. Pour l’instant, j’apprécie de travailler seul chez moi, mais je n’exclue pas d’intégrer un atelier de travail ou une maison d’auteurs par la suite si cela devait s’avérer trop pesant. Et puis il faut avoir conscience qu’il n’existe pas de congés payés ou d’arrêt maladie dans ce métier, et que les délais sont à respecter à tout prix!
Pour toi as-tu bien été préparé au milieu professionnel? Y a-t-il des choses auxquelles tu ne t’attendaient pas, des choses plus dures, plus faciles? Oui, et sur plusieurs points: tout d’abord, les présentations de projet régulières lors de ma formation m’ont vraiment bien préparé aux entretiens avec les éditeurs, connaître son projet et savoir le défendre si nécessaire. D’autre part, j’ai appris à l’Atelier à organiser mon travail, progresser en terme d’efficience, rendre mon travail fini, au mieux de mes capacités, et surtout, dans les temps! Et savoir en accepter l’imperfection pour poursuivre un projet… L’Atelier m’a aussi appris à me détacher suffisamment de mon travail, affectivement parlant, pour comprendre et accepter la critique sans en être blessé, ce qui est indispensable lorsque l’on est confronté au milieu éditorial. Enfin, mon expérience de stagiaire à L’Atelier m’a appris à entretenir de bonnes relations avec mon entourage professionnel, et je découvre à quel point il est essentiel de soigner le relationnel dans ces métiers.
Faut-il acquérir certaines techniques pour travailler dans la BD et y-a t-il des qualités indispensables? Je pense qu’avant tout, il faut être soi-même un grand consommateur de bande dessinée sous toutes ses formes. Une grande partie de ce que j’ai appris vient de mes lectures franco-belges, US et japonaises, notamment sur le découpage, le rythme de la narration, même si j’ai encore énormément à acquérir en pratiquant. Il faut aussi être sensible à la composition de l’image, regarder et analyser le maximum de films, de photographies, de tableaux, se nourrir de l’image sous toutes ses formes, mais je pense que cela vaut pour tous les métiers de l’image en général. Il faut également être curieux et prêt à se documenter énormément, car on peut être amené à dessiner tout et n’importe quoi. L’encrage est aussi, à mon avis, une technique à exercer régulièrement avant de se lancer dans la bande dessinée même s’il est de plus en plus courant de voir des albums cleanés au crayon. Enfin, il faut surtout se montrer persévérant et ne pas se décourager!
Peux-tu nous rappeler quel âge tu as, et résumer ton cursus scolaire? J’ai 26 ans. Après un bac S, j’ai fait deux années d’études en finances et comptabilité pour « m’assurer un diplôme » (et rassurer mes parents). J’ai ensuite suivi un semestre d’Arts Plastiques à l’université, mais il y avait trop peu de cours de dessin et j’ai vite réalisé que des études aussi peu « encadrées » ne me convenaient pas. J’ai fait quelques petits boulots, d’employé de cuisine Mac Donald’s à caissier Monoprix, dont j’ai été systématiquement renvoyés vu le peu d’intérêt que je portais à mon travail. J’ai ensuite contracté un emprunt et intégré une formation en animation, dont j’ai été extrêmement déçu, mais qui m’a donné l’occasion de rencontrer Thomas. J’ai donc quitté cette école au bout de deux ans pour m’installer à Aniane et participer à l’aventure de ces deux premières années d’Atelier.
Pourquoi avoir choisi l’Atelier ? qu’est ce que l’Atelier a pu t’apporter que tu n’aurais trouvé dans d’autres écoles? J’ai choisi L’Atelier parce que la formation s’articulait essentiellement autour de l’enseignement du dessin et de ses fondamentaux, alors que la plupart des autres écoles mettaient l’accent sur l’apprentissage des logiciels 3D, ce qui ne m’intéressait pas. De plus, j’étais vraiment déçu par le fonctionnement des écoles privées censées préparer aux métiers de l’image. J’étais donc à la recherche d’une véritable alternative, et L’Atelier s’est présenté comme une évidence : une formation axée sur le dessin, l’occasion de découvrir les métiers de l’animation traditionnelle, de la bande dessinée et de l’illustration, un enseignement dispensé par des professionnels en activité, une véritable proximité de l’équipe pédagogique… pour un budget compatible avec l’état de mes finances après ces deux années volées. La discipline quasi-militaire de L’Atelier, l’investissement des enseignants comme des stagiaires dans la formation, la souplesse d’une petite structure et du cadre associatif, les projets et commandes rémunérés, l’importance accordée au dessin, à la culture et à l’implication dans son travail, l’humilité et le respect du travail des autres, sont autant de choses que je ne pensais pouvoir en trouver dans une autre école. Et puis avant tout, L’Atelier m’a véritablement appris mon métier et m’a permis de décrocher mon premier emploi en seulement un an et demi.
Ton souvenir le plus marquant durant la formation à l’Atelier ? De l’intensité de la formation découle l’intensité des moments vécus au long de ces deux années. Les soirées (et nuits!) de travail entre élèves, les engueulades mémorables avec Thomas, les présentations de projets personnels riches en émotions, les exercices en équipe et rendus de travaux aboutis, les remises en question et la solidarité entre stagiaires lors des coups durs…
Un commentaire sur la localisation de l’Atelier à Aniane? L’isolement est-il nécessaire?Le cadre d’Aniane est tout à fait privilégié pour répondre aux exigences de la formation à l’Atelier. Ces deux années demandent beaucoup de travail et d’investissement que les tentations de la vie en ville peuvent perturber. Il s’agit d’opérer une vraie rupture pendant ces deux ans. L’isolement, plus que nécessaire, m’a été véritablement salvateur. Et encore, il a fallu pendant un mois m’isoler des autres Ateliens pour constituer mon dossier tant j’ai tendance à me disperser!
A qui conseillerais-tu l’Atelier ? A tous les jeunes passionnés qui souhaitent vraiment faire du dessin leur métier, que ce soit dans l’animation, la bande dessinée ou l’illustration, et qui sont prêts à découvrir et accepter les contraintes et les difficultés de ces métiers, parfois très éloignés de l’image que l’on peut s’en être fait.
Quels conseils donnerais-tu aux futurs Ateliens?
Je leur conseille de faire confiance à l’équipe pédagogique, de se donner à fond tout au long de ces deux ans de formation et de se préparer à travailler dur! Et pour ceux qui souhaiteraient se préparer en amont de la formation, je pense qu’une pratique quotidienne du dessin d’observation est indispensable et qu’il faut profiter de tout son temps libre pour se cultiver, non seulement pour acquérir un maximum de connaissances et de références, mais aussi pour exercer son sens critique. Et soyez exigeants les uns envers les autres comme envers vous-même!
Est-ce que tu as une idée pour la suite, après ta BD? Si tout se passe bien, j’attaque le second tome dans la foulée de la sortie du premier, fin juin 2010. Je réponds déjà à quelques commandes en illustration en parallèle de mon travail en bande dessinée, et j’espère parvenir à travailler plus efficacement à l’avenir pour dégager un peu de temps pour d’autres projets, peut-être écrire mes propres histoires, illustrer un livre pour enfants…
Un grand merci à toi d’avoir trouvé le temps de répondre à nos questions.
Tout l’Atelier te souhaite une bonne continuation.
Merci beaucoup!
Damien LEVY [ promotion 2007-2009 ]
Infographiste-layoutman
Bonjour Damien, aujourd’hui, que fais-tu après ces deux années de formation à l’Atelier? Je suis infographiste layout. Je travaille pour le Studio Normaal animation à Paris sur l’élaboration du dessin animé « Gaston Lagaffe ».
En quoi consiste ton poste? En m’appuyant sur le storyboard, je compose les cadres de chaque plan, j’anime les mouvements de caméra puis je mets en place et gère le déplacement des personnages et des props dans un environnement 3D After Effects.
As-tu bien été préparé au milieu professionnel? Y- a-t-il des choses auxquelles tu ne t’attendais pas? A l’Atelier on vous apprend à être efficace dans toute situation de production. Si vous avez bien intégré ça, pas d’inquiétude. Ma seule surprise cette année est de disposer de tous mes weekends
(m’enfin, pour l’instant…)
Peux-tu nous rappeler ton âge , et nous résumer ton cursus scolaire? Je viens d’avoir 24 ans. Après un bac S, j’ai voulu m’orienter vers les métiers du cinéma d’animation. Je me suis dirigé vers une pseudo « école d’art » où l’on vous encourage à la paresse au détriment de l’apprentissage. Dégouté de cet enseignement médiocre, je me suis enfin tourné vers l’Atelier qui affichait une toute autre éthique: l’esprit d’équipe, l’efficacité et l’endurance.
Pourquoi avoir choisi l’Atelier ? qu’est -ce que l’Atelier a pu t’apporter que tu n’aurais pas trouvé dans d’autres écoles? Quand j’ai su que Thomas et Marie avaient décidé de monter leur propre formation, j’ai voulu faire partie de l’aventure. C’est comme ça que j’ai passé les deux années suivantes à l’Atelier. C’était un pari risqué car nous faisions partie de la première promo. Tout était à faire… mais maintenant, je peux dire que je suis très fier de mon choix et que je ne le regrette pas. L’atelier ne m’ a pas seulement apporté des compétences techniques. Il m’a surtout inculqué l’importance des délais à respecter, l’esprit d’équipe et à titre plus personnel de m’affirmer et d’assumer mes choix.
Ton souvenir le plus marquant durant la formation à l’Atelier ? J’étais à la fois chargé des rendus 3D sur une production rémunérée et en même temps chef de l’Atelier. Il m’a fallu gérer le rendu du projet dans les temps et veiller au bon fonctionnement de l’atelier. C’était une période difficile où j’ai peu dormi mais j’ai appris à gérer mon stress et à être efficace malgré la fatigue.
L’Atelier t’a t-il conforté dans la vision que tu avais du monde de l’animation, ou l’a t-il changée? L’ atelier m’a inculqué le travail en équipe. C’est une chose à laquelle je ne pensais absolument pas à l’époque. Aujourd’hui, je sais que c’est primordial.
Un commentaire sur la localisation de l’Atelier à Aniane? L’isolement est-il nécessaire? Après être sortis de l’atelier pour aller à la boulangerie on a vite fait le tour d’Aniane. Mais c’est cette situation de proximité, loin de la ville plus tentante, qui nous a permis de nous concentrer, de travailler tard et de nous donner à fond pour parfaire nos connaissances. L’isolement aide à renforcer l’esprit d’équipe et favorise l’investissement que chacun met dans sa formation !
A qui conseillerais-tu l’Atelier? Aux personnes qui n’ ont pas peur de s’investir et qui sont passionnées par le dessin animé. Il ne s’agit pas de rentrer dans un système « d’école ». C’est une formation professionnelle. On attend de vous la qualité du travail et l’exigence qui va avec. Après l atelier vous savez exactement où vous en êtes et où vous pouvez vous diriger.
Quels conseils donnerais-tu aux futurs Ateliens? Vous n’avez que deux ans pour vous former alors donnez-vous à fond. Remettez-vous sans cesse en question, soyez critique envers vous-même et surtout apprenez à faire des choix !
Est-ce que tu as une idée pour la suite, après « Gaston »? Wait and see …
Un grand merci à toi d’avoir trouvé le temps de répondre à nos questions. Tout l’Atelier te souhaite une bonne continuation. Tout le plaisir était pour moi !
Ahuura SUPPLY [ promotion 2007-2008 ]
Auteur illustratrice
Bonjour Ahuura, aujourd’hui, que fais-tu après ton année de formation à l’Atelier? Après mon année de formation j’ai passé un an à travailler chez moi. Les six premiers mois ont servi tout d’abord à installer un rythme et à réaliser un premier book d’illustration. Puis il y a eu les premiers contacts avec les éditeurs, les premiers refus et les premières grosses remises en question, qui m’ont personnellement été très utiles car elles m’ont fait avancer. Suite à ces premiers contacts avec le monde de l’édition, j’ai travaillé sur la réalisation d’un projet personnel d’album d’illustrations dans le but de le présenter aux éditeurs. Je me suis beaucoup investi dans ce projet, et ça a payé puisque j’ai récemment signé avec un éditeur pour publier mon projet.
En quoi consiste ce travail journalièrement? Et bien cela dépend des jours, si je suis au commencement d’un projet il y a une première phase d’écriture et de recherche graphique, qui est très intéressante car c’est là que tout se construit c’est la partie que je préfère! Surtout la recherche graphique, quant à l’écriture c’est pour moi un exercice très difficile et laborieux qui me demande beaucoup de temps et de concentration. Puis vient la réalisation des illustrations, le dessin tout d’abord puis la peinture et le collage, c’est la finalisation du projet. C’est une étape que j’apprécie moins mais qui est très importante car c’est ce que le lecteur aura entre les mains.
Est-ce le travail de tes rêves? Non, l’illustration n’est pas le métier de mes rêves. J’ai d’abord voulu travailler dans l’animation, à n’importe quel poste mais je me suis vite rendu compte que ce n’était pas mon moyen d’expression et que je faisais une bien meilleure illustratrice. Et puis j’aime peindre et faire du papier découpé, travailler en tradi, ce qui n’aurai pas été possible en animation. Finalement je suis très contente d’être illustratrice mais j’avais d’abord rêvé de faire des dessins animés comme Disney!
As-tu bien été préparé au milieu professionnel? Y a-t-il des choses auxquelles tu ne t’attendaient pas, des choses plus dures, plus faciles? Je pense avoir été bien préparée au milieu professionnel. Être confrontée quotidiennement à la critique lors de ma formation m’a beaucoup aidé à affronter le milieu sélectif de l’édition. L’Atelier m’a aussi aidé à m’organiser dans mon travail pour pouvoir tenir des délais. Ce qu’il y a de plus difficile c’est la négociation des contrats, en effet c’est très dur de vivre uniquement de l’illustration. Il s’impose rapidement à l’illustrateur qu’il lui faudra chercher d’autres source de revenu que ses seuls droits d’auteurs.
Faut-il acquérir certaines techniques pour travailler dans l’illustration et y-a t-il des qualités indispensables? On utilise en illustration toutes sorte de techniques, peinture, collage, dessin, gravure, sérigraphie, photoshop, illustrator, crayon de couleurs… Le plus difficil en fait c’est de choisir, il faut se créer une identité visuelle, ça peut venir de la technique utilisé mais aussi de la composition, du design, des couleurs utilisées, des thèmes abordés et de beaucoup d’autres choses. Le travail de l’illustrateur est, tout d’abord, de servir le texte. L’image doit venir soutenir le texte, l’embellir mais elle doit aussi parler d’elle même, elle doit ajouter au langage écrit un langage visuel. C’est la difficulté de l’exercice faire une image qui « parle » sans prendre le dessus sur le texte.
Peux-tu nous rappeler quel âge tu as, et résumer ton cursus scolaire? J’ai 22 ans, j’ai eu un bac général à 18 ans, à Tahiti. Puis je suis venu à Montpellier pour faire une Mise à Niveau en Arts Appliqués. J’ai fait la connaissance cette année là de Thomas qui était professeur dans cette école. Ensuite, j’ai fait une année de 3D qui ne s’est pas très bien passée, ce qui m’a motivée à quitter cette école pour l’Atelier.
Pourquoi avoir choisi l’Atelier? qu’est ce que l’Atelier a pu t’apporter que tu n’aurais trouvé dans d’autres écoles? Je suis venue à l’Atelier car j’avais envie d’apprendre l’animation en 2D, de dessiner or la plupart des écoles nous proposait surtout de s’orienter vers la 3D. De plus, l’Atelier nous assurait un enseignement de qualité, des formateurs qui me semblaient plus compétent car professionnels actifs ainsi que des intervenants tout aussi professionnels. Ce que je ne savais pas encore c’est que l’Atelier c’est bien plus qu’une bonne formation. À l ’Atelier j’ai appris l’esprit d’équipe, le respect de mon travail et de celui des autres, la rigueur et le professionnalisme, mais aussi l’humilité, la différence, la rencontre, l’investissement et le don de soi. Je pense que toutes ces choses là sont nécessaire pour avancer dans nos métiers, pour trouver la force et l’envie de continuer même quand c’est difficile.
Ton souvenir le plus marquant durant la formation à l’Atelier? J’ai beaucoup de souvenirs marquants car c’est une formation riche en émotions où on apprend beaucoup sur soi et où on se fait de vrais amis.
Un commentaire sur la localisation de l’Atelier à Aniane? L’isolement est-il nécessaire? L’absence de distraction dans le village et la proximité du lieu de travail facilite le travail. L’isolement du reste du mode aiguise d’autant plus notre regard que nous ne somme entouré que par des personnes concernées, intéressées par le dessin, les films, la littérature, la peinture, cela créé une dynamique qui nous poussent à vouloir en savoir plus.
A qui conseillerais-tu l’Atelier? À tout ceux qui n’ont pas peur de mettre à l’épreuve leur envie de travailler dans la bande dessinée, l’illustration ou le dessin animé. À ceux qui aimerait faire de cette passion un métier.
Quels conseils donnerais-tu aux futurs Ateliens? Avant de venir à l’Atelier, ce serait bien de se préparer un petit peu en travaillant deux choses essentielles : le croquis et la culture. Beaucoup lire parce qu’à l’Atelier ils manqueront de temps pour ça, voir des films, faire des expos, écouter de la musique, s’intéresser à l’actualité, la politique, la philosophie, la science, la photographie, etc … Et une pratique régulière du croquis aidera vraiment les futurs ateliens, le croquis c’est la base !!
Est-ce que tu as une idée pour la suite, après ton album? Oui, je voudrais faire d’autres livres, beaucoup d’autres!! Mon idée c’est que j’aimerai un jour pouvoir vivre du seul métier d’illustratrice.
Tout l’Atelier te souhaite du succès !
Sylvain FABRE [ promotion 2007-2008 ] interview en 2008
Un ancien élève de l’Atelier au CFT Gobelins
Bonjour Sylvain, aujourd’hui, où en es-tu de tes études? Je suis actuellement en 1ere année d’animation aux Gobelins, l’école de l’image!
Combien de fois as-tu tenté le concours d’entrée aux Gobelins? J’ai tenté le concours 3 fois en tout! 1 fois en terminale pour voir, une autre fois en croyant avoir assez bossé ! Et une troisième qui fut la bonne! Je n’ai eu qu’une fois l’oral sur les 3 mais j’ai été corrigé à toutes les épreuves de l’écrit à chaque essai.
Peux-tu nous rappeler quel âge as-tu, et résumer ton cursus scolaire? J’ai 22 ans, après un bac sti art appliqué que j’ai eu de justesse, j’ai voulu me lancer dans l’animation 2d ou 3d! J’ai intégré une école de 3d à Montpellier puis j’ai bifurqué l’année suivante à l’Atelier en ayant pour objectif les Gobelins pour l’année suivante!
Sais-tu déjà ce que tu aimerais faire après ? Je me pose souvent la question, j’ai encore du mal à me fixer! Je ne connais pas encore assez chaque poste du monde de l’animation! J’attends de m’y être confronté au cours de mes 2 futures années de production! Pour le moment j’ai une préférence pour le layout, et l animation!
Pourquoi avoir choisi l’Atelier? Qu’attendais-tu de l’Atelier API en y rejoignant ses rangs en septembre 2007? A l’époque, j’étais entré à l’Atelier uniquement pour me préparer au concours des Gobelins ! C’était sans compter sur ce que l’Atelier allait m’apporter! Mes objectifs ont plus ou moins changés en cours d’année! Le concours avait toujours de l’importance pour moi, mais j’avais développé un projet personnel qui me tenait et qui me tient toujours à cœur! Je pense que cela a enrichi mon book et joué grandement en ma faveur!
Qu’est ce que l’Atelier a pu t’apporter que tu n’aurais trouvé dans d’autres écoles? Plusieurs points tous très importants! Une véritable méthodologie de travail, un recul sur sa création et celle des autres, un esprit critique donc. Mais je pense aussi que c’est une année de coupure avec le monde, une année d’isolement et de vraie remise en question sur son travail! Elle permet un vrai dépassement de soi!C’est une année riche en enseignement et en apprentissage! Qui plus est elle permet d’être rémunéré a l’occasion! Elle professionnalise aussi puisque on y aborde des notions de légalité de statuts et de tarifs.
Ton souvenir le plus marquant durant cette année intense à l’Atelier? C’est très dur à dire, tout les moments durs sont des moments marquants et tous les instants de réussite et de plaisir sont des moments marquants! L’année entière a été un condensé de tout cela! Je pense souvent au moment de fraternité entre élèves stagiaires que l’on a vécus le soir!
L’Atelier API t’a t-il conforté dans la vision que tu avais du monde de l’animation, ou l’a t-il changée? Pour moi le monde de l’animation c’était un animateur et c’est tout! A l’Atelier on nous a placé sur chacun des postes qui composent un studio de création de dessin animé, l’expérience a complètement éclaircie mes idées reçues, le monde de l’animation est pour moi complètement différent désormais!
Un commentaire sur la localisation de l’Atelier à Aniane? L’isolement est-il nécessaire? L’isolement est indispensable je dirais! Cette année dans ce petit village permet de se focaliser sur l’essentiel! C est très bon je pense de se contraindre à quitter le quotidien de la ville, on est ainsi disponible intellectuellement et psychologiquement pour apprendre! C’est aussi un vrai plaisir que d’avoir sa maison pour pas chère et à souvent moins de 5 minutes des locaux de l’Atelier. Et la vie dans un village du sud est très agréable, on s’y fait vite!
Si tu revenais deux années en arrière, referais-tu le choix de l’Atelier? Oui évidemment!
A qui conseillerais-tu l’Atelier? Je le conseille tout d’abord à tous les jeunes qui se sentent prêts pour présenter un dossier “d’admissible” aux Gobelins! Je le conseille évidement à tous ceux qui veulent faire du dessin leur métier! et qui sont prêts à faire des sacrifices pour y arriver! Je pense néanmoins qu’il est préférable d’avoir une certaine maturité, 18ans c’est un peu jeune! Le mieux serait entre 20 et 26 ans.
Quels conseils donnerais-tu aux futurs Ateliens? Je leur dirais que l’Atelier montre les bonnes portes mais qu’il n’appartient qu’a eux de faire le chemin pour les franchir! C’est une formation réellement dure mais qui sort concrètement de tout ce qui se fait en terme de formation actuellement! Il faut être capable d’en capter le meilleur pour progresser!
Un grand merci à toi d’avoir trouvé le temps de répondre à nos questions, tout l’Atelier te souhaite une belle route.
merci!

Interview de Pierre Migeot. Le blog de Sylvain


